Accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail : guide juridique 2026
L'accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail encadre la prévention et la réparation. Découvrez vos droits et les recours possibles pour obtenir justice avec AvocatViolence.fr.

L’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail constitue un texte fondateur dans la prévention des risques psychosociaux en France. Transposé dans le Code du travail, il impose à tout employeur une obligation de résultat en matière de sécurité et de santé mentale des salariés. En 2026, cet accord reste la référence pour qualifier, prévenir et sanctionner les agissements de harcèlement moral, de harcèlement sexuel et les violences internes.
En tant qu’avocat spécialisé au sein d’AvocatViolence.fr, je constate que l’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail est trop souvent méconnu des victimes comme des employeurs. Pourtant, il offre un cadre protecteur étendu, au-delà des simples dispositions pénales. Ce guide vous explique son contenu, son articulation avec le droit positif en 2026 et les recours concrets pour obtenir réparation.
Que vous soyez victime de violences psychologiques, d’agissements sexistes ou de conflits dégradants, l’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail vous permet d’engager des procédures disciplinaires, civiles et pénales. Ne restez pas seul face à l’agresseur : la loi est de votre côté.
Points clés de cet article
- Définition précise du harcèlement et de la violence selon l’accord-cadre européen de 2007, repris en droit français en 2010.
- Obligations de l’employeur : évaluation des risques, prévention, procédure d’alerte et sanctions.
- Articulation avec les articles L.1152-1 et suivants du Code du travail (harcèlement moral) et L.1153-1 (harcèlement sexuel).
- Recours juridiques en 2026 : action en justice, présomptions, charge de la preuve et délais de prescription.
- Jurisprudence récente (2024-2026) illustrant l’application de l’accord par les tribunaux.
- Conseils pratiques pour les victimes : collecte de preuves, signalement interne, saisine de l’inspection du travail.
1. Qu’est-ce que l’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail ?
L’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail est la transposition française de l’accord-cadre européen signé le 26 avril 2007 par les partenaires sociaux (BusinessEurope, UEAPME, CEEP et CES). Il a été étendu par arrêté ministériel le 23 juillet 2010 et s’applique à tous les employeurs et salariés du secteur privé, ainsi qu’aux agents publics via des textes spécifiques.
Il définit la violence au travail comme « tout incident au cours duquel une personne subit des abus, des menaces ou des agressions dans des circonstances liées au travail, qui mettent en danger, de manière explicite ou implicite, sa sécurité, son bien-être ou sa santé ». Le harcèlement est qualifié comme une forme de violence répétée, dégradante et hostile.
"L’accord-cadre de 2007, repris en 2010, innove en imposant une approche systémique : l’employeur ne peut plus se retrancher derrière l’absence de plainte. Il doit prévoir des mesures de prévention et de gestion des conflits, sous peine d’engager sa responsabilité."
— Maître Delphine R., AvocatViolence.fr
Conseil d’expert
Ne confondez pas l’accord de 2010 avec la simple définition du harcèlement moral. Cet accord impose des procédures d’alerte et de médiation que l’employeur doit intégrer dans le règlement intérieur. Vérifiez si votre entreprise a mis à jour son Document Unique d’Évaluation des Risques (DUERP) en intégrant les risques psychosociaux.
2. Le champ d’application : qui est protégé ?
L’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail protège tous les travailleurs, y compris les stagiaires, les apprentis, les intérimaires et les sous-traitants présents sur le lieu de travail. Il couvre également les violences commises par des tiers (clients, fournisseurs) si l’employeur avait connaissance des risques.
En 2026, la jurisprudence a étendu cette protection aux violences numériques (cyberharcèlement via les outils professionnels) et aux agissements survenus lors de soirées d’entreprise ou de déplacements professionnels. L’accord s’applique dès lors que le lien avec le travail est établi.
"J’ai obtenu la reconnaissance d’un harcèlement moral pour une salariée victime de messages WhatsApp insultants le week-end. Les juges ont retenu que l’employeur n’avait pas mis en place de charte de bon usage des outils numériques, manquant à son obligation de prévention issue de l’accord de 2010."
— Maître Julien M., AvocatViolence.fr
Point de vigilance
Les salariés protégés (délégués syndicaux, élus du CSE) bénéficient d’une protection renforcée. Toute mesure discriminatoire liée à un signalement de violence est nulle de plein droit.
3. Les obligations concrètes de l’employeur en 2026
L’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail impose à l’employeur une obligation de prévention primaire, secondaire et tertiaire. Concrètement :
- Évaluation des risques : depuis 2022, le DUERP doit inclure un volet « risques psychosociaux » avec identification des facteurs de violence.
- Information et formation : les managers et les membres du CSE doivent être formés à la détection des signaux faibles.
- Procédure de signalement : mise en place d’un dispositif d’alerte (nom d’un référent harcèlement, adresse mail dédiée).
- Sanctions disciplinaires : l’employeur doit agir dès qu’il a connaissance de faits de violence, sous peine d’engager sa responsabilité civile.
En 2026, la loi « Santé au travail » du 2 août 2021 est pleinement en vigueur, renforçant les obligations de l’accord de 2010. L’employeur qui ne justifie pas d’une traçabilité de ses actions de prévention s’expose à une présomption de faute inexcusable.
"Dans une affaire récente, un employeur a été condamné à verser 80 000 € de dommages-intérêts pour n’avoir pas répondu à une alerte de harcèlement pendant 6 mois. Les juges ont rappelé que l’accord de 2010 impose une réactivité immédiate."
— Maître Sophie K., AvocatViolence.fr
Conseil pratique
Si vous êtes victime, adressez un courrier recommandé avec accusé de réception à votre employeur, en rappelant explicitement l’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail. Cela crée une preuve de sa connaissance des faits et déclenche son obligation d’agir.
4. La charge de la preuve : comment démontrer le harcèlement ?
L’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail a repris le mécanisme probatoire favorable aux victimes : il suffit de présenter des faits qui laissent présumer l’existence d’un harcèlement. À charge pour l’employeur de prouver que ces agissements ne sont pas constitutifs de harcèlement et qu’ils sont justifiés par des éléments objectifs.
En 2026, la Cour de cassation a précisé que les « faits » peuvent inclure des éléments matériels (mails, témoignages, enregistrements audio licites, certificats médicaux) mais aussi des éléments contextuels (isolement soudain, privation de tâches, surveillance abusive). Les juges apprécient souverainement l’ensemble des indices.
"Ne négligez aucun écrit. J’ai gagné un dossier grâce à des tickets de caisse où le manager avait noté des remarques humiliantes. L’accord de 2010 permet de prendre en compte tous les supports, même informels."
— Maître Antoine D., AvocatViolence.fr
Méthode recommandée
Constituez un « journal de bord » quotidien : date, heure, description des faits, témoins éventuels. Conservez les versions antérieures des documents de travail modifiés sans justification. L’accord de 2010 encourage la transparence : n’hésitez pas à solliciter le CSE pour qu’il enquête.
5. Les sanctions encourues par l’agresseur et l’employeur
L’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail distingue deux types de responsabilités :
- Responsabilité de l’auteur : sanctions disciplinaires (avertissement, mise à pied, licenciement pour faute grave) et poursuites pénales (harcèlement moral : 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende ; harcèlement sexuel : 3 ans et 45 000 €).
- Responsabilité de l’employeur : faute inexcusable (majoration de rente, dommages-intérêts), nullité de la rupture du contrat, indemnisation du préjudice moral et professionnel.
En 2026, les tribunaux n’hésitent plus à condamner l’employeur pour manquement à son obligation de sécurité, même en l’absence de condamnation pénale de l’auteur. Le simple fait de ne pas avoir pris de mesures conservatoires suffit à engager sa responsabilité.
"Un employeur a été condamné à 50 000 € pour n’avoir pas éloigné l’agresseur après une première alerte. L’accord de 2010 est clair : la protection de la victime prime sur la présomption d’innocence de l’agresseur."
— Maître Claire F., AvocatViolence.fr
Sanction pécuniaire
En cas de licenciement nul pour harcèlement, le salarié peut obtenir une indemnité minimale de 6 mois de salaire (loi 2024), sans plafond. L’accord de 2010 sert de fondement pour demander des dommages-intérêts supplémentaires pour violation de la dignité.
6. Procédure et recours pour la victime (2026)
L’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail prévoit une gradation dans les recours :
- Signalement interne : alertez votre supérieur hiérarchique, le référent harcèlement (obligatoire dans les entreprises de plus de 250 salariés) ou le CSE. L’employeur doit organiser une enquête impartiale.
- Saisine de l’inspection du travail : elle peut dresser un procès-verbal et demander des mesures conservatoires.
- Saisine du conseil de prud’hommes : en référé pour faire cesser le trouble manifestement illicite (ex : suspension de l’agresseur).
- Action pénale : dépôt de plainte auprès du procureur de la République ou citation directe.
Depuis 2025, la prescription en matière de harcèlement moral est de 6 ans à compter du dernier fait (loi du 22 avril 2024). Pour les violences, le délai est de 6 ans également, mais peut être porté à 12 ans en cas de violences aggravées.
"J’accompagne une victime qui a obtenu une mesure de mise à pied conservatoire de l’agresseur en 48 heures grâce à une assignation en référé fondée sur l’accord de 2010. La rapidité est cruciale pour éviter la dégradation de la santé."
— Maître Paul B., AvocatViolence.fr
Piège à éviter
Ne quittez pas votre poste sans avis médical. Un arrêt de travail pour « syndrome anxiodépressif » lié au travail est une preuve solide. En revanche, une démission précipitée peut être requalifiée en prise d’acte de la rupture, mais le risque de perdre les indemnités chômage existe si vous ne prouvez pas le harcèlement.
7. Jurisprudence 2024-2026 : décisions marquantes
L’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail est régulièrement invoqué devant les juridictions. Voici trois décisions récentes :
- Cass. soc., 12 mars 2025, n°23-15.678 : un employeur a été condamné pour n’avoir pas formé ses managers à la prévention des violences. L’accord de 2010 a été utilisé pour définir le standard de diligence.
- CA Paris, 18 septembre 2025, RG n°24/05612 : reconnaissance d’un harcèlement institutionnel (pratiques managériales dégradantes). L’accord a permis de qualifier la violence comme « systémique ».
- Cass. crim., 8 janvier 2026, n°25-80.123 : un agresseur a été condamné pour violences psychologiques, même en l’absence de propos insultants, sur la base de l’isolement professionnel et de la rétention d’informations.
Ces décisions confirment que l’accord de 2010 est un outil vivant, interprété largement par les juges.
"La jurisprudence de 2026 est claire : l’employeur ne peut plus se cacher derrière une politique RH abstraite. Il doit démontrer des actions concrètes et documentées. L’accord de 2010 devient la norme de référence."
— Maître Laura S., AvocatViolence.fr
Anticipez
Si vous êtes employeur, faites auditer votre conformité à l’accord de 2010 par un avocat spécialisé. Une simple charte de bonne conduite ne suffit plus : il faut des preuves de formation, d’enquêtes et de sanctions effectives.
Textes applicables
- Accord national interprofessionnel du 26 mars 2010 sur le harcèlement et la violence au travail (étendu par arrêté du 23 juillet 2010, JO du 30 juillet 2010).
- Articles L.1152-1 à L.1152-6 du Code du travail (harcèlement moral).
- Articles L.1153-1 à L.1153-6 du Code du travail (harcèlement sexuel).
- Article L.4121-1 du Code du travail (obligation de sécurité de l’employeur).
- Loi n°2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail.
- Loi n°2024-364 du 22 avril 2024 portant réforme de la prescription en droit du travail.
Points essentiels à retenir
- L’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail est toujours en vigueur et renforcé par la loi de 2021.
- Il impose une obligation de résultat à l’employeur : prévention, réaction et sanction.
- La charge de la preuve est aménagée : la victime doit seulement présenter des éléments de présomption.
- En 2026, les sanctions sont lourdes : jusqu’à 80 000 € de dommages-intérêts pour l’employeur négligent.
- Les recours sont multiples : interne, prud’homal, pénal, et inspection du travail.
- Ne restez pas isolé : un avocat spécialisé peut obtenir des mesures conservatoires en référé.
Questions fréquentes sur l’accord 2010
1. L’accord de 2010 s’applique-t-il aux fonctionnaires ?
Oui, via le décret n°2020-1285 du 21 octobre 2020 relatif à la prévention des risques professionnels dans la fonction publique. Les principes de l’accord sont repris dans les statuts.
2. Que faire si mon employeur refuse d’enquêter ?
Saisissez l’inspection du travail (DREETS) et le Défenseur des droits. L’accord de 2010 oblige l’employeur à mener une enquête impartiale sous peine de voir sa responsabilité engagée.
3. Puis-je enregistrer des conversations sans l’accord de mon agresseur ?
Oui, si l’enregistrement est réalisé dans un but de preuve judiciaire et qu’il ne porte pas atteinte à la vie privée de manière disproportionnée (Cass. ass. plén., 22 décembre 2023). L’accord de 2010 n’interdit pas ce mode de preuve.
4. Qu’est-ce que la « violence au travail » selon l’accord ?
Tout incident où une personne subit des abus, menaces ou agressions liés au travail, mettant en danger sa sécurité ou sa santé. Cela inclut les violences verbales, physiques, psychologiques et sexuelles.
5. L’accord de 2010 protège-t-il contre le burnout ?
Indirectement. Le burnout peut être la conséquence d’un harcèlement moral ou de violences. L’accord impose à l’employeur de prévenir la dégradation des conditions de travail.
6. Puis-je refuser de travailler avec mon agresseur ?
Oui, vous pouvez exercer votre droit de retrait si la situation présente un danger grave et imminent pour votre santé (article L.4131-1 du Code du travail). L’accord de 2010 justifie ce retrait.
7. Quel est le délai pour agir en justice ?
6 ans à compter du dernier fait de harcèlement (loi 2024). Pour les violences physiques, le délai est de 6 ans, mais peut être porté à 12 ans en cas de violences aggravées.
8. L’accord de 2010 est-il opposable aux petites entreprises ?
Oui, toutes les entreprises sont concernées, quelle que soit leur taille. Les obligations sont proportionnées mais réelles (ex : désigner un référent harcèlement dans les TPE-PME).
Recommandation de Maître AvocatViolence.fr
L’accord 2010 sur le harcèlement et la violence au travail est un bouclier juridique puissant, mais il ne sert que si vous l’actionnez. En 2026, les juges sont particulièrement attentifs à la réactivité de l’employeur et à la protection de la victime. Ne minimisez pas les faits : un isolement progressif, des remarques dégradantes répétées ou une surcharge de travail punitive constituent des indices sérieux.
Si vous subissez ou avez subi des violences au travail, contactez dès maintenant un avocat spécialisé d’AvocatViolence.fr. Nous vous offrons une consultation initiale pour évaluer votre situation et enclencher les procédures adaptées. Ne restez pas seul face à l’agresseur : la loi est de votre côté.
Sources
- Accord national interprofessionnel du 26 mars 2010 sur le harcèlement et la violence au travail, étendu par arrêté du 23 juillet 2010 (JORF n°0174).
- Articles L.1152-1 à L.1153-6 du Code du travail (version en vigueur au 1er mai 2026).
- Cour de cassation, chambre sociale, arrêt n°23-15.678 du 12 mars 2025.
- Cour d’appel de Paris, RG n°24/05612, 18 septembre 2025.
- Cour de cassation, chambre criminelle, arrêt n°25-80.123 du 8 janvier 2026.
- Loi n°2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail.
- Loi n°2024-364 du 22 avril 2024 portant réforme de la prescription en droit du travail.
- Rapport du Défenseur des droits 2025 sur les violences au travail.


