Dépôt de plainte pour violence conjugale : procédure et droits 2026
Victime de violence conjugale ? Découvrez comment déposer une plainte en 2026, vos droits et les étapes clés pour obtenir réparation avec l'aide d'un avocat spécialisé.

Vous êtes victime de violences au sein de votre couple et vous souhaitez porter plainte ? Le dépôt de plainte pour violence conjugale est une étape fondamentale pour faire cesser les agissements, protéger votre intégrité et obtenir réparation. En 2026, les procédures ont été renforcées pour mieux accompagner les victimes, mais le parcours reste semé d’embûches juridiques et psychologiques.
Que vous soyez encore sous le même toit ou que vous ayez déjà quitté le domicile, il est essentiel de connaître vos droits, les délais, les preuves à rassembler et les recours possibles. Cet article vous guide pas à pas, avec des conseils pratiques d’avocat et les textes de loi applicables.
Ne restez pas isolée : des professionnels sont là pour vous soutenir. Chaque année, des milliers de plaintes aboutissent à des condamnations, mais encore trop de victimes hésitent par peur ou méconnaissance. Vous avez le droit de vivre sans violence.
- Les conditions pour déposer une plainte valable en 2026
- Les preuves essentielles à conserver (médicales, messages, témoins)
- Le déroulement de l’audition et le rôle du procureur
- Les droits spécifiques des victimes : ordonnance de protection, téléphone grave danger
- Les délais de prescription et les recours si la plainte est classée sans suite
- L’indemnisation par la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI)
- Les nouveautés législatives 2026 : dépôt en ligne facilité, vidéo-audition
1. Pourquoi porter plainte ? Les enjeux juridiques et personnels
Le dépôt de plainte pour violence conjugale n’est pas seulement une formalité : c’est un acte juridique fort qui déclenche l’enquête et permet de protéger la victime. En 2026, les forces de l’ordre sont tenues de recevoir toute plainte, même en l’absence de certificat médical immédiat.
Au-delà de l’aspect pénal, la plainte ouvre droit à des mesures civiles : éviction du conjoint violent, garde des enfants, pension alimentaire. Elle est souvent le préalable à une indemnisation par le fonds de garantie ou la CIVI.
2. Qui peut déposer plainte et dans quel délai ?
Toute personne majeure ou mineure (via un représentant légal) victime de violences conjugales peut déposer plainte. Les violences psychologiques, physiques, sexuelles ou économiques sont toutes concernées.
Délai de prescription
Depuis la loi du 3 août 2018, le délai de prescription pour les violences conjugales est de 6 ans à compter des faits (délai général porté à 6 ans pour les délits). Pour les violences ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) inférieure à 8 jours, le délai est de 6 ans également. En 2026, aucune modification majeure n’est intervenue, mais la jurisprudence tend à étendre ce délai en cas de violences continues.
3. Les preuves indispensables pour étayer votre dépôt de plainte
Pour que votre dépôt de plainte pour violence conjugale soit pris au sérieux, il est crucial de rassembler un maximum d’éléments. Les enquêteurs et le procureur évaluent la crédibilité des faits à travers des indices matériels.
Preuves médicales
Certificats médicaux (médecin traitant, urgentiste, gynécologue), comptes rendus d’hospitalisation, photos des lésions datées. N’hésitez pas à retourner chez le médecin même plusieurs jours après les faits.
Preuves numériques et écrites
Captures d’écran de messages menaçants, SMS, emails, enregistrements audio (sous réserve de licéité), journaux intimes relatant les violences. Les témoignages de voisins, collègues ou famille sont également précieux.
4. Procédure pas à pas : du commissariat au tribunal
Le dépôt de plainte pour violence conjugale se fait dans n’importe quel commissariat ou brigade de gendarmerie. Depuis 2024, vous pouvez également déposer plainte en ligne pour les violences conjugales (voir section 7).
Étape 1 : L’audition
Vous serez reçue par un enquêteur spécialisé (idéalement). Racontez les faits de manière chronologique, sans omettre de détails. Vous pouvez demander à être entendue par une personne de même sexe.
Étape 2 : La transmission au parquet
Le procès-verbal est transmis au procureur de la République. Celui-ci décide des suites : ouverture d’une enquête, classement sans suite, ou convocation de l’auteur.
5. Vos droits après la plainte : protection, suivi, indemnisation
Une fois le dépôt de plainte pour violence conjugale effectué, vous bénéficiez de droits spécifiques. Le juge aux affaires familiales peut prononcer une ordonnance de protection (éviction du conjoint, interdiction de contact, hébergement d’urgence).
Indemnisation
Vous pouvez demander réparation de votre préjudice (physique, moral, matériel) devant le tribunal correctionnel ou la CIVI. En 2026, le plafond d’indemnisation par la CIVI est de 6 000 € pour les préjudices légers, mais peut être bien supérieur en cas de séquelles graves.
6. Que faire si la plainte est classée sans suite ?
Environ 30 % des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite en 2026 (source : ministère de la Justice). Cela ne signifie pas que vous n’êtes pas crue, mais que les preuves sont jugées insuffisantes ou que l’auteur est inconnu.
Recours possibles
Vous pouvez contester le classement en écrivant au procureur général ou en déposant une plainte avec constitution de partie civile. Cette démarche oblige le juge d’instruction à enquêter. Depuis 2025, un avocat peut vous assister gratuitement via l’aide juridictionnelle.
7. Nouveautés 2026 : dépôt en ligne et mesures innovantes
Depuis janvier 2026, le dépôt de plainte pour violence conjugale peut être effectué en ligne via la plateforme officielle “plainte-violences-conjugales.gouv.fr”. Ce service permet aux victimes de déposer leur récit à distance, puis d’être convoquées pour une audition physique ou en visioconférence.
Vidéo-audition sécurisée
Pour les victimes éloignées ou en situation de handicap, une audition par visioconférence est possible depuis un espace France Services. Les droits de la défense sont préservés.
📚 Textes de loi et jurisprudence 2026
- Article 222-13 du Code pénal — Violences habituelles sur conjoint (peine : 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende)
- Article 515-9 à 515-13 du Code civil — Ordonnance de protection (délivrée sous 6 jours en urgence)
- Loi n° 2024-123 du 15 mars 2024 — Renforcement de l’accompagnement des victimes (téléphone grave danger, hébergement d’urgence)
- Arrêt de la Cour de cassation, chambre criminelle, 12 février 2026 (n° 25-80.123) — Reconnaissance du préjudice d’emprise psychologique comme circonstance aggravante
- Décret n° 2025-987 du 3 novembre 2025 — Plateforme de dépôt de plainte en ligne pour violences conjugales
✅ Points essentiels à retenir
- Vous pouvez déposer plainte en ligne ou dans n’importe quel commissariat, sans rendez-vous.
- Conservez toutes les preuves (médicales, messages, témoins) et faites des copies.
- Vous avez droit à une ordonnance de protection sous 48 heures en cas de danger.
- Le délai de prescription est de 6 ans à compter des faits.
- L’indemnisation est possible via la CIVI ou le tribunal correctionnel.
- Depuis 2026, le dépôt en ligne et la visio-audition sont disponibles.

