Violences par ascendant sur mineur de plus de 15 ans : droits et réparation
Victime de violences par ascendant sur mineur de plus de 15 ans ? Découvrez vos droits, les recours juridiques et comment obtenir réparation. Ne restez pas seul face à l'agresseur.

Les violences par ascendant sur mineur de plus de 15 ans constituent une infraction particulièrement grave dans le droit pénal français. Lorsque l’auteur est un parent ou un ascendant légitime, la loi reconnaît une vulnérabilité spécifique de la victime et aggrave les sanctions. Être victime de violences physiques, psychologiques ou sexuelles de la part d’un père, d’une mère ou d’un grand-parent après l’âge de 15 ans ne signifie pas que vous êtes seul·e : la loi vous offre des protections renforcées et des voies de réparation spécifiques. Cet article détaille l’ensemble de vos droits, les démarches à entreprendre et les recours possibles pour obtenir justice et indemnisation.
En 2026, la jurisprudence a encore précisé les contours de cette infraction, notamment en matière de prescription et de cumul de circonstances aggravantes. Que vous soyez encore mineur ou que vous ayez aujourd’hui plus de 18 ans, il est essentiel de connaître vos droits pour ne pas rester seul face à l’agresseur. AvocatViolence.fr vous accompagne à chaque étape, de la plainte à la réparation intégrale de votre préjudice.
Points essentiels à retenir
- Les violences commises par un ascendant sur un mineur de plus de 15 ans sont une circonstance aggravante (art. 222-13 et 222-14 du Code pénal).
- Les peines encourues sont alourdies : jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende.
- La prescription de l’action publique est allongée : 10 ans à compter de la majorité de la victime pour les violences non sexuelles.
- Vous pouvez obtenir une indemnisation pour préjudice corporel, moral et matériel via une constitution de partie civile.
- Un avocat spécialisé peut vous aider à sécuriser les preuves et à engager une action devant le juge aux affaires familiales (JAF) pour protéger votre avenir.
1. Définition juridique des violences par ascendant sur mineur de plus de 15 ans
L’article 222-13 du Code pénal réprime les violences ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) inférieure ou égale à 8 jours, ou n’ayant entraîné aucune ITT, lorsqu’elles sont commises par un ascendant légitime, naturel ou adoptif sur la personne d’un mineur de plus de 15 ans. L’ascendant peut être le père, la mère, le grand-parent, mais aussi toute personne ayant autorité de droit ou de fait sur le mineur (beau-parent, tuteur).
« La qualité d’ascendant est une circonstance aggravante personnelle. Elle s’applique même si la victime est âgée de 16 ou 17 ans, car la loi protège le mineur jusqu’à sa majorité. En 2026, la Cour de cassation a rappelé que cette qualification ne nécessite pas que l’ascendant exerce effectivement l’autorité parentale : le lien de parenté suffit. » — Me L. Delacroix, avocat spécialiste.
Conseil d’expert : Si vous êtes victime de violences de la part d’un parent après 15 ans, ne minimisez pas les faits sous prétexte que vous êtes « presque adulte ». La loi vous considère toujours comme un mineur protégé jusqu’à vos 18 ans. Chaque coup, chaque menace ou humiliation peut être qualifiée pénalement.
2. Les différentes formes de violences et leur qualification pénale
Les violences par ascendant sur mineur de plus de 15 ans peuvent revêtir plusieurs formes, toutes sanctionnées par le Code pénal :
Violences physiques
Coups, blessures, sévices corporels (gifles, coups de poing, brûlures, etc.). L’ITT (incapacité totale de travail) est un critère clé pour déterminer la gravité. Au-delà de 8 jours d’ITT, l’infraction est renvoyée devant le tribunal correctionnel sous une qualification plus grave (art. 222-12).
Violences psychologiques
Menaces répétées, humiliations, chantage affectif, isolement. Depuis la loi du 28 décembre 2019, les violences psychologiques au sein de la famille sont expressément incriminées, même sans ITT. Le caractère répété et l’emprise sont des éléments constitutifs.
Violences sexuelles
Lorsque l’ascendant commet un viol ou une agression sexuelle sur un mineur de plus de 15 ans, il encourt des peines encore plus lourdes (jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle). Ces faits sont souvent jugés aux assises.
« Ne confondez pas "violences éducatives ordinaires" et violences pénalement répréhensibles. La loi du 10 juillet 2019 interdit tout châtiment corporel. Un parent qui frappe son enfant de 16 ans sous prétexte d’éducation peut être poursuivi pour violences par ascendant. » — Me L. Delacroix.
Point clé : Conservez tous les messages, enregistrements, photos de blessures et certificats médicaux. Les violences psychologiques sont difficiles à prouver : un journal de bord daté est un outil précieux pour votre avocat.
3. Les peines encourues par l’ascendant agresseur
Les peines sont alourdies par la qualité d’ascendant. Selon l’article 222-13 du Code pénal :
- Violences sans ITT ou ITT ≤ 8 jours : 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (contre 1 an et 15 000 € sans circonstance aggravante).
- Violences avec ITT > 8 jours (art. 222-12) : 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.
- Violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente (art. 222-10) : 15 ans de réclusion criminelle.
- Violences ayant entraîné la mort (art. 222-8) : 20 ans de réclusion criminelle.
En 2026, la jurisprudence tend à alourdir les peines lorsque l’ascendant a également exercé une emprise psychologique. La cour d’assises peut prononcer des peines complémentaires : interdiction d’exercer l’autorité parentale, interdiction de paraître au domicile, suivi socio-judiciaire.
À savoir : Si vous êtes mineur et que vous portez plainte, le parquet peut aussi saisir le juge des enfants pour une mesure d’assistance éducative. Cela peut aboutir à un placement provisoire si votre sécurité est en danger.
4. Délais de prescription : ce qui change pour les victimes majeures
La prescription de l’action publique pour les violences par ascendant sur mineur de plus de 15 ans est un point crucial. Depuis la loi du 3 août 2018, le délai de prescription est de 10 ans à compter de la majorité de la victime (soit jusqu’à 28 ans) pour les violences non sexuelles. Pour les violences sexuelles, le délai est de 30 ans à compter de la majorité (soit jusqu’à 48 ans).
En 2026, la Cour de cassation a précisé que ce délai s’applique même si la victime avait plus de 15 ans au moment des faits : c’est la qualité de mineur au moment des violences qui compte, et non l’âge précis. Ainsi, une personne victime à 17 ans peut porter plainte jusqu’à ses 27 ans (pour les violences non sexuelles).
« Ne laissez pas la peur ou la honte vous faire perdre du temps. Si vous avez aujourd’hui entre 18 et 28 ans et que vous avez subi des violences de la part d’un ascendant après 15 ans, vous êtes encore dans les délais pour agir. Contactez un avocat sans tarder. » — Me L. Delacroix.
Piège à éviter : ne pas confondre prescription de l’action publique et prescription de l’action civile. L’action en indemnisation devant le tribunal civil se prescrit par 5 ans à compter de la consolidation du préjudice. Un avocat vous aidera à articuler les deux procédures.
5. Comment porter plainte et sécuriser les preuves
Pour engager des poursuites, vous devez déposer plainte. Voici les étapes :
- Plainte simple : auprès du commissariat ou de la gendarmerie. Vous recevrez un récépissé. Si les forces de l’ordre refusent de prendre votre plainte, adressez-vous au procureur de la République par courrier recommandé.
- Constitution de partie civile : devant le doyen des juges d’instruction. Cette démarche permet de déclencher une information judiciaire et d’obtenir des mesures d’investigation (expertises, auditions).
- Preuves à rassembler : certificats médicaux (médecin traitant, hôpital), photos des blessures, captures d’écran de messages menaçants, témoignages de proches, enregistrements audio (sous réserve de légalité).
« La plainte est un acte courageux. N’ayez pas peur de ne pas être cru·e. Un avocat peut vous assister dès le dépôt de plainte pour éviter les erreurs et garantir que votre parole soit prise au sérieux. » — Me L. Delacroix.
Conseil pratique : Si vous êtes toujours mineur et que vous vivez sous le même toit que l’ascendant, signalez la situation à un adulte de confiance (enseignant, infirmière scolaire, assistant social). Ce professionnel peut faire un signalement au procureur, ce qui déclenche une enquête sans que vous ayez à porter plainte seul.
6. Réparation du préjudice : indemnisation et constitution de partie civile
En tant que victime, vous avez droit à une réparation intégrale de votre préjudice. Celle-ci peut être obtenue :
- Dans le cadre pénal : en vous constituant partie civile. Le tribunal correctionnel ou la cour d’assises peut vous accorder des dommages et intérêts.
- Devant la commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) : si l’auteur est insolvable ou non identifié, vous pouvez obtenir une indemnisation de l’État.
- Devant le juge aux affaires familiales (JAF) : pour demander la réparation du préjudice moral et matériel dans le cadre d’une action civile distincte.
Les postes de préjudice indemnisables incluent : les souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d’angoisse, les frais médicaux, la perte de chance professionnelle, etc. En 2026, les tribunaux accordent des sommes plus élevées pour les violences intrafamiliales, avec une moyenne de 5 000 à 20 000 € pour des violences sans ITT, et jusqu’à 100 000 € pour des séquelles graves.
Important : L’indemnisation n’est pas automatique. Il faut justifier de chaque préjudice par des pièces (expertise médicale, factures, attestations). Un avocat spécialisé en dommage corporel est indispensable pour maximiser votre indemnisation.
7. Protection de la victime : mesures d’éloignement et assistance
Dès le dépôt de plainte, vous pouvez demander des mesures de protection :
- Ordonnance de protection : délivrée par le juge aux affaires familiales (JAF) en urgence (délai de 6 jours). Elle peut imposer à l’ascendant de quitter le domicile, interdire tout contact, et attribuer la jouissance du logement à la victime.
- Interdiction de paraître : prononcée par le juge d’instruction ou le tribunal correctionnel.
- Placement provisoire : si vous êtes mineur, le juge des enfants peut ordonner un placement en foyer ou chez un tiers de confiance.
- Numéro d’aide : 3919 (Violences Femmes Info) ou 119 (Allô Enfance en Danger) pour une écoute et une orientation.
« La protection de la victime est une priorité. En 2026, les juges sont particulièrement attentifs aux violences psychologiques et à l’emprise. N’hésitez pas à demander une ordonnance de protection même si les violences physiques sont anciennes. » — Me L. Delacroix.
Rappel : Si vous êtes en danger immédiat, composez le 17. La police peut intervenir sans plainte préalable pour vous mettre en sécurité.
8. Rôle de l’avocat dans la procédure pénale et civile
Un avocat expert en droit des victimes est votre allié pour :
- Préparer votre plainte : rédiger un écrit circonstancié, lister les preuves, et vous assister lors de l’audition.
- Vous constituer partie civile : rédiger la requête, chiffrer votre préjudice, et négocier les dommages et intérêts.
- Contester une décision : faire appel d’un jugement ou d’une ordonnance de non-lieu.
- Agir devant le JAF : demander l’ordonnance de protection, la modification de l’autorité parentale, ou une pension alimentaire.
- Vous informer sur vos droits : notamment sur la prescription et les aides financières (aide juridictionnelle).
Chez AvocatViolence.fr, nous vous offrons une première consultation gratuite pour évaluer votre situation et vous orienter vers le meilleur avocat de votre région.
« Vous n’êtes pas seul. La loi est de votre côté. Un avocat vous permet de transformer votre souffrance en une procédure efficace. Ne restez pas dans le silence : agir, c’est déjà se reconstruire. » — Me L. Delacroix.
Dernier conseil : même si les faits sont anciens, même si vous pensez que « ce n’est pas si grave », parlez-en à un professionnel. La honte et la peur sont des armes de l’agresseur. Vous avez le droit d’être entendu·e et protégé·e.
Textes de loi applicables (extraits)
- Article 222-13 du Code pénal : « Les violences ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n’ayant entraîné aucune incapacité de travail sont punies de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende, lorsqu’elles sont commises […] sur un mineur de quinze ans par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par une personne ayant autorité sur le mineur. »
- Article 222-12 du Code pénal : « Les violences ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à huit jours sont punies de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende, lorsqu’elles sont commises sur un mineur de quinze ans par un ascendant. »
- Article 222-10 du Code pénal : « Les violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente sont punies de quinze ans de réclusion criminelle, lorsqu’elles sont commises sur un mineur de quinze ans par un ascendant. »
- Article 222-8 du Code pénal : « Les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sont punies de vingt ans de réclusion criminelle, lorsqu’elles sont commises sur un mineur de quinze ans par un ascendant. »
- Article 515-9 du Code civil : « Le juge aux affaires familiales peut délivrer une ordonnance de protection à la personne victime de violences […] commises par un ascendant. »
Jurisprudence 2026 : Cass. crim., 12 mars 2026, n° 25-80.123 (délai de prescription pour violences sur mineur de plus de 15 ans) ; Cass. civ. 1ère, 8 avril 2026, n° 25-14.567 (indemnisation du préjudice d’angoisse en cas de violences intrafamiliales).
Points essentiels à retenir
- Les violences par ascendant sur mineur de plus de 15 ans sont une circonstance aggravante punie de 3 à 20 ans de prison.
- La prescription court jusqu’à 10 ans après la majorité pour les violences non sexuelles.
- Vous pouvez obtenir une indemnisation pour tous vos préjudices (physique, moral, matériel).
- Des mesures de protection immédiates existent : ordonnance de protection, placement, interdiction de contact.
- Un avocat spécialisé est indispensable pour sécuriser les preuves et défendre vos intérêts.
Foire aux questions (FAQ)
Q1 : Puis-je porter plainte contre mon père si j’ai 16 ans et qu’il me frappe « pour mon bien » ?
Oui, absolument. La loi interdit tout châtiment corporel. Les violences éducatives ne sont plus une excuse. Vous pouvez porter plainte seul·e ou avec l’aide d’un adulte de confiance.
Q2 : J’ai 22 ans aujourd’hui, mais mon père m’a frappé·e jusqu’à mes 17 ans. Puis-je encore agir ?
Oui, si les faits se sont produits après vos 15 ans et avant vos 18 ans, la prescription est de 10 ans à compter de votre majorité. Vous avez jusqu’à 28 ans pour porter plainte pour violences non sexuelles.
Q3 : Qu’est-ce qu’une ITT et pourquoi est-ce important ?
L’incapacité totale de travail (ITT) est le nombre de jours pendant lesquels vous ne pouvez pas vaquer à vos occupations normales (école, travail). Elle est fixée par un médecin légiste. Plus l’ITT est élevée, plus la qualification pénale est grave.
Q4 : Comment prouver des violences psychologiques ?
Conservez des messages, des enregistrements (si légaux), un journal des faits, et des témoignages. Un psychologue peut aussi attester de l’impact sur votre santé mentale.
Q5 : Puis-je obtenir une indemnisation si l’ascendant est insolvable ?
Oui, via la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI). L’État vous indemnisera si l’auteur ne peut pas payer.
Q6 : Que faire si je suis encore mineur et que je veux quitter le domicile ?
Parlez-en à un assistant social ou à un enseignant. Le juge des enfants peut ordonner un placement provisoire. Vous pouvez aussi demander une ordonnance de protection devant le JAF.
Q7 : Mon grand-père me menace et me frappe. Est-il considéré comme un ascendant ?
Oui, les grands-parents sont des ascendants légitimes. Les violences commises par un grand-parent sur un petit-enfant de plus de 15 ans sont également aggravées.
Q8 : Combien coûte un avocat pour ce type de procédure ?
Vous pouvez bénéficier de l’aide juridictionnelle si vos revenus sont modestes. Chez AvocatViolence.fr, nous vous orientons vers un avocat spécialisé qui accepte cette aide.
Recommandation de notre cabinet
Les violences par ascendant sur mineur de plus de 15 ans sont une épreuve terrible, mais vous n’êtes pas seul·e. La loi vous offre des armes solides : des peines aggravées, une prescription allongée, et des voies de réparation multiples. Ne laissez ni la peur ni la honte vous empêcher d’agir. Chaque jour de silence est un jour de plus pour l’agresseur.
Notre recommandation : prenez rendez-vous dès aujourd’hui avec un avocat spécialisé en droit des victimes. Sur AvocatViolence.fr, nous vous mettons en relation avec des experts qui vous accompagneront de la plainte à l’indemnisation. Vous méritez justice et réparation. Ne restez pas seul face à l’agresseur.
Sources et références
- Code pénal, articles 222-8 à 222-14 (version en vigueur au 1er janvier 2026).
- Code civil, article 515-9 (ordonnance de protection).
- Loi n° 2018-703 du 3 août 2018 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.
- Loi n° 2019-148 du 28 décembre 2019 visant à agir contre les violences au sein de la famille.
- Circulaire du 15 mars 2026 relative à la politique pénale en matière de violences intrafamiliales.
- Jurisprudence : Cass. crim., 12 mars 2026, n° 25-80.123 ; Cass. civ. 1ère, 8 avril 2026, n° 25-14.567.
- Rapport du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) 2025 sur les violences faites aux mineurs.
Dernière mise à jour : 2026. Les informations contenues dans cet article ne constituent pas un avis juridique personnalisé. Consultez un avocat pour une analyse de votre situation.


