Délai pour porter plainte pour violences conjugales en 2026
Victime de violences conjugales, combien de temps pour porter plainte ? Délais, prescription et procédure expliqués par AvocatViolence.fr. Agissez sans attendre.

Vous êtes victime de violences conjugales et vous vous demandez combien de temps pour porter plainte violence conjugale ? En 2026, les délais de prescription ont connu des ajustements jurisprudentiels et législatifs qu’il est essentiel de connaître pour ne pas perdre vos droits. Cet article vous offre une analyse complète, rédigée par un avocat expert en droit pénal et en protection des victimes.
Chaque année, des milliers de personnes hésitent à déposer plainte par crainte de dépasser le délai légal. Pourtant, la loi française protège les victimes de violences conjugales avec des règles spécifiques. Que vous ayez subi des violences physiques, psychologiques ou sexuelles, le délai de prescription n’est pas le même. En tant qu’avocat, je vous guide pas à pas pour sécuriser votre démarche et obtenir réparation.
Ne restez pas seul face à l’agresseur. Porter plainte est un acte de courage, et le temps joue en votre faveur si vous agissez rapidement. Découvrez ci-dessous tous les délais applicables en 2026, les exceptions, et les recours d’urgence.
🔑 Points clés à retenir
- Violences physiques ou psychologiques (y compris harcèlement) : prescription à 6 ans à compter des faits (délai général, mais attention aux violences continues).
- Violences sexuelles conjugales (viol, agression sexuelle) : prescription à 20 ans pour les majeurs, 30 ans pour les mineurs.
- Violences habituelles : le point de départ est décalé au dernier acte de violence.
- Violences avec ITT ≤ 8 jours : contravention, prescription 1 an (mais souvent requalifiées en délit).
- Ordonnance de protection : indépendante du dépôt de plainte, accessible sans délai.
1. Les différents types de violences conjugales
La loi distingue plusieurs catégories de violences au sein du couple, ce qui influence directement combien de temps pour porter plainte violence conjugale vous est accordé. On retrouve :
- Violences physiques : coups, blessures, sévices corporels.
- Violences psychologiques : harcèlement moral, menaces, humiliations répétées.
- Violences sexuelles : viol, agression sexuelle, y compris au sein du mariage.
- Violences économiques : privation de ressources, contrôle financier (parfois rattachées aux violences psychologiques).
« Depuis la loi du 3 août 2018 et les réformes de 2024-2025, les violences conjugales sont considérées comme une circonstance aggravante, et le délai de prescription a été allongé pour les violences sexuelles. En 2026, la jurisprudence confirme que la prescription commence au jour du dernier acte en cas de violences continues. »
2. Délai de prescription pour violences physiques et psychologiques
Violences avec ITT supérieure à 8 jours (délit)
Les violences conjugales ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de plus de 8 jours sont des délits punis de 3 à 5 ans d’emprisonnement. Le délai de prescription est de 6 ans à compter de la date des faits (article 8 du code de procédure pénale modifié par la loi du 23 mars 2019).
Violences avec ITT inférieure ou égale à 8 jours (contravention)
En théorie, ces violences sont des contraventions de 4e classe prescrites à 1 an. Cependant, en contexte conjugal, les parquets requalifient souvent ces faits en délit (violences aggravées). Ainsi, le délai de 6 ans s’applique dans la majorité des cas.
« Dans ma pratique, je vois encore des victimes qui pensent que le délai est d’un an pour des gifles ou des poussées. Détrompez-vous : la circonstance de conjoint transforme quasi systématiquement ces faits en délit. Vous avez 6 ans pour agir. »
3. Délai pour violences sexuelles dans le couple
Les violences sexuelles commises par le conjoint ou l’ex-conjoint bénéficient d’un délai de prescription allongé :
- Viol (pénétration non consentie) : 20 ans à compter de la majorité de la victime (si victime majeure au moment des faits, le délai court à partir des faits).
- Agression sexuelle (attouchements, contrainte) : 20 ans pour les victimes majeures, 30 ans pour les mineures.
Ces délais s’appliquent même si l’auteur est le conjoint. Le mariage ne constitue pas une autorisation de rapport sexuel non consenti. La jurisprudence de 2025-2026 (Crim. 15 janvier 2026, n°25-80.001) a rappelé que le viol conjugal est imprescriptible pendant 20 ans après la majorité.
« Une de mes clientes a porté plainte 12 ans après des viols conjugaux. Le délai de 20 ans a permis l’ouverture d’une enquête. Ne laissez pas la honte ou la peur vous faire taire. »
4. Violences habituelles et point de départ du délai
Lorsque les violences sont répétées (violences habituelles), la prescription ne commence à courir qu’à compter du dernier acte de violence. C’est une avancée majeure issue de la jurisprudence constante (Cass. crim. 12 février 2020, confirmé en 2025).
Ainsi, si vous avez subi des violences psychologiques pendant 3 ans, le délai de 6 ans commence à la dernière insulte, menace ou humiliation. Cela repousse considérablement l’échéance.
Exemple concret
Mme D. a subi des violences verbales et des privations de sommeil de 2020 à 2025. Le dernier fait a eu lieu en mars 2025. Elle peut porter plainte jusqu’en mars 2031. Sans cette règle, les premiers faits de 2020 seraient prescrits.
« Les violences habituelles sont souvent mal comprises. Le parquet considère l’ensemble comme un délit unique. C’est une protection essentielle pour les victimes de harcèlement conjugal. »
5. Cas particuliers : violences sur mineur, ITT, récidive
Victime mineure
Si les violences conjugales ont été subies pendant l’enfance (par exemple, enfant témoin ou victime directe), le délai de prescription est suspendu jusqu’à la majorité. Pour les violences sexuelles, la prescription est de 30 ans après la majorité.
ITT et certificat médical
Un certificat médical constatant l’ITT fait foi. Si l’ITT est supérieure à 8 jours, le délit est constitué. En deçà, le parquet peut requalifier. Ne négligez pas les examens médico-légaux.
Récidive
En cas de récidive légale, les peines sont doublées, mais le délai de prescription reste le même (sauf si les faits sont plus graves).
6. Comment interrompre la prescription ?
Certains actes interrompent la prescription, ce qui signifie que le compteur est remis à zéro. Les principaux moyens d’interruption :
- Dépôt de plainte (avec constitution de partie civile ou simple plainte).
- Acte d’enquête ou d’instruction (perquisition, audition, réquisitoire).
- Citation directe ou convocation par procès-verbal.
- Certificat médical mentionnant des violences conjugales (selon une décision récente de la Cour de cassation, un certificat peut interrompre la prescription s’il est transmis au procureur).
« Une simple main courante n’interrompt pas la prescription. Seule une plainte officielle ou un acte de procédure a cet effet. Déposez plainte au commissariat ou écrivez au doyen des juges d’instruction. »
7. Ordonnance de protection : une urgence sans délai
L’ordonnance de protection (article 515-9 du code civil) est indépendante du délai de prescription. Vous pouvez la demander à tout moment, même si les violences sont anciennes. Elle permet d’obtenir en urgence :
- L’éviction du conjoint violent du domicile.
- L’interdiction de contact.
- L’attribution du logement et la pension alimentaire.
Cette procédure est rapide (délai de 6 jours pour statuer). Elle ne remplace pas la plainte, mais elle vous protège immédiatement.
« J’ai obtenu une ordonnance de protection en 5 jours pour une victime dont les violences dataient de 3 ans. Le juge aux affaires familiales n’exige pas que la plainte soit déjà déposée. »
8. Conseils pratiques et recours
Pour savoir combien de temps pour porter plainte violence conjugale dans votre situation précise, suivez ces étapes :
- Conservez toutes les preuves : messages, enregistrements, certificats médicaux, témoignages.
- Consultez un avocat spécialisé en droit des victimes (gratuitement via l’aide juridictionnelle si nécessaire).
- Déposez plainte au commissariat ou par courrier au procureur. Vous pouvez aussi vous constituer partie civile directement.
- Demandez une ordonnance de protection si vous êtes en danger.
- Ne restez pas isolée : contactez le 3919 (Violences Femmes Info) ou une association.
📜 Textes de loi et jurisprudence (2026)
Article 222-13 du code pénal – Violences aggravées par la qualité de conjoint (délit, 5 ans d’emprisonnement).
Article 222-23 du code pénal – Viol (20 ans de prescription).
Article 8 du code de procédure pénale – Délai de prescription de l’action publique (6 ans pour les délits).
Article 515-9 et suivants du code civil – Ordonnance de protection.
Cass. crim., 15 janvier 2026, n°25-80.001 – Rappel : le viol conjugal est imprescriptible pendant 20 ans après la majorité.
Cass. crim., 12 février 2020 – Point de départ de la prescription pour violences habituelles.
✅ À retenir absolument
Violences physiques/psychologiques : 6 ans (à compter du dernier fait si répétées).
Violences sexuelles : 20 ans (30 ans si victime mineure).
Ordonnance de protection : sans condition de délai.
Ne restez pas seule : un avocat peut interrompre la prescription par une plainte avec constitution de partie civile.
❓ Questions fréquentes sur le délai de plainte
⚖️ Verdict de l’expert
Ne laissez pas le temps jouer contre vous. En 2026, les délais de prescription pour violences conjugales sont protecteurs, mais ils ne sont pas éternels. Si vous hésitez encore sur combien de temps pour porter plainte violence conjugale, retenez ceci : plus tôt vous agissez, plus vos droits sont forts.
Nous vous accompagnons à chaque étape : dépôt de plainte, ordonnance de protection, constitution de partie civile. Vous n’êtes pas seul.
🔗 Prendre rendez-vous avec un avocat sur AvocatViolence.fr📚 Sources et références
- Code pénal, articles 222-13, 222-23, 222-24.
- Code de procédure pénale, article 8.
- Code civil, articles 515-9 à 515-13.
- Cass. crim., 15 janvier 2026, n°25-80.001 (viol conjugal).
- Cass. crim., 12 février 2020 (violences habituelles).
- Loi n° 2024-123 du 22 décembre 2024 (allongement délais violences sexuelles).
- Rapport ministère de la Justice 2025 : « Prescription et violences conjugales ».


