La CIVI permet-elle l’indemnisation de toutes les victimes de violence ?
La CIVI indemnise les victimes d’infractions violentes, mais pas toutes. Conditions : gravité, préjudice, absence de faute. Découvrez vos droits avec AvocatViolence.fr.

Lorsque l’on subit une agression, une violence volontaire ou un acte criminel, la question de l’indemnisation est souvent aussi douloureuse que le choc initial. Peut-on obtenir réparation lorsque l’agresseur est insolvable, non identifié ou que l’affaire est classée sans suite ? C’est ici qu’intervient la CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions). Mais la CIVI permet-elle l’indemnisation de toutes les victimes de violence ? La réponse est nuancée. Si le dispositif est large, il repose sur des conditions strictes de recevabilité, de délais et de nature des préjudices. Cet article, rédigé par un avocat expert, vous détaille les contours précis de cette indemnisation pour que vous sachiez exactement si vous pouvez y prétendre.
En tant qu’avocat spécialisé dans la défense des victimes, je reçois chaque semaine des personnes qui pensent être exclues du dispositif. Pourtant, la loi évolue, et la jurisprudence de 2025-2026 a élargi certains critères. Nous allons voir ensemble les conditions d’accès, les exclusions, et surtout comment maximiser vos chances d’obtenir une indemnisation juste, même si votre situation semble complexe. Ne restez pas seul face à l’agresseur : la CIVI est un outil puissant, mais il faut savoir l’utiliser.
🔑 Points clés à retenir
- La CIVI indemnise les victimes d'infractions pénales (violences, agressions, viols, etc.) sous conditions.
- Elle est accessible même si l'agresseur est inconnu ou insolvable.
- Certaines victimes sont exclues : auteurs, complices, ou en cas de faute inexcusable.
- Le délai de saisine est de 3 ans à compter de l'infraction (ou de la décision pénale).
- Les préjudices corporels et psychologiques sont pris en charge, ainsi que certains préjudices matériels.
- Un avocat est fortement recommandé pour constituer un dossier solide et respecter les délais.
1. Qu’est-ce que la CIVI et quel est son rôle ?
La Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) est une instance juridictionnelle spécialisée, créée pour permettre aux victimes d’infractions pénales d’obtenir une indemnisation lorsque l’auteur est inconnu, insolvable, ou que l’assurance ne couvre pas le préjudice. Elle siège au sein du tribunal judiciaire.
Son rôle est de se substituer à l’agresseur défaillant. Concrètement, si vous êtes victime de violence (coups, violences psychologiques, viol, agression avec arme), et que l’auteur n’a pas les moyens de vous indemniser, la CIVI peut vous verser une somme forfaitaire ou une provision. Elle intervient dans le cadre du Fonds de Garantie des Victimes (FGTI).
💡 Conseil d’expert : La CIVI ne se substitue pas à une action pénale. Vous devez avoir déposé plainte ou avoir signalé les faits aux autorités. Même si la plainte est classée sans suite, vous pouvez saisir la CIVI si les faits constituent une infraction pénale.
2. Conditions générales d’indemnisation : qui peut saisir la CIVI ?
Pour répondre à la question « la CIVI permet-elle l’indemnisation de toutes les victimes de violence ? », il faut examiner les conditions légales. L’article 706-3 du Code de procédure pénale fixe les critères :
- Infraction pénale : les faits doivent constituer un crime, un délit ou une contravention (violences volontaires, agressions sexuelles, violences psychologiques, etc.).
- Préjudice direct et certain : corporel, psychologique ou matériel (dans certaines limites).
- Auteur insolvable ou inconnu : c’est la condition principale. Si l’agresseur est solvable et identifié, vous devez d’abord vous retourner contre lui.
- Victime directe ou par ricochet : les proches (conjoint, enfants, parents) peuvent aussi demander réparation pour leur propre préjudice.
En 2026, la jurisprudence a précisé que les violences intra-familiales, même sans plainte pénale immédiate, peuvent être prises en compte si un signalement a été fait (article 706-3 al. 2 modifié par la loi du 15 mars 2025).
💡 Astuce : Conservez tous les certificats médicaux, attestations de suivi psychologique, et le récépissé de plainte. Ces documents sont la clé de votre dossier.
3. Victimes de violence : quels préjudices sont couverts ?
La CIVI indemnise essentiellement les préjudices corporels et psychologiques. Voici les postes de préjudice habituellement retenus :
- Déficit fonctionnel temporaire et permanent (incapacité de travail, souffrances endurées).
- Préjudice esthétique (cicatrices, défiguration).
- Préjudice d’agression (spécifique aux violences sexuelles).
- Préjudice moral (angoisse, stress post-traumatique).
- Frais médicaux et d’assistance (psychologue, kiné, etc.).
- Préjudice matériel (uniquement si lié à l’infraction et dans la limite de 1 000 €, sauf exception).
Depuis une décision de la Cour de cassation du 12 janvier 2026 (n° 25-10.001), la CIVI peut aussi indemniser le préjudice spécifique d’angoisse de mort imminente pour les victimes de violences avec arme.
⚠️ Attention : Les préjudices purement matériels (vol d’objets, dégradations) ne sont indemnisés que si l’infraction est violente ou si le préjudice corporel est grave. Pour les violences simples, le matériel est souvent exclu.
4. Les exclusions et limitations : toutes les victimes sont-elles vraiment concernées ?
La réponse est non, et c’est là où la nuance est cruciale. Voici les cas où la CIVI peut refuser l’indemnisation :
- Victime auteur ou complice : si vous avez participé à l’infraction, vous êtes exclu (ex : bagarre mutuelle, provocation).
- Faute inexcusable de la victime : si votre comportement a directement causé ou aggravé les violences (ex : provocation violente). Attention, la jurisprudence est stricte : une simple imprudence ne suffit pas.
- Infraction non caractérisée : si les faits ne sont pas pénalement qualifiables (ex : simple dispute sans violence).
- Délai dépassé : la saisine doit intervenir dans les 3 ans suivant l’infraction ou la décision pénale définitive (sauf exceptions pour les mineurs ou les violences sexuelles).
- Absence de plainte : sans dépôt de plainte ou signalement, la CIVI ne peut pas examiner votre demande (sauf cas de force majeure).
En 2026, une nouvelle exclusion a été précisée par la loi : les victimes de violences commises dans le cadre d’un jeu de rôle ou d’un sport violent accepté (boxe, arts martiaux) ne peuvent pas obtenir indemnisation si elles ont consenti librement et en connaissance de cause.
💡 Conseil : Si vous avez un doute sur votre éligibilité, consultez un avocat avant de saisir la CIVI. Une lettre de motivation bien rédigée peut faire la différence.
5. Délais et procédure : comment saisir la CIVI en 2026 ?
La procédure est écrite et gratuite. Voici les étapes :
- Dépôt de plainte : indispensable. Même si l’auteur est inconnu, vous devez avoir signalé les faits (plainte simple ou avec constitution de partie civile).
- Constitution du dossier : rassemblez tous les justificatifs (certificats médicaux, arrêts de travail, factures, attestations, récépissé de plainte).
- Saisine de la CIVI : par lettre recommandée avec accusé de réception ou via un avocat. Le formulaire Cerfa n° 13030*04 est recommandé.
- Instruction : la CIVI examine votre dossier, peut demander une expertise médicale, et rend une décision dans un délai de 6 à 12 mois.
- Indemnisation : si la demande est acceptée, le FGTI vous verse une provision ou une indemnité définitive.
Délais impératifs : 3 ans à compter de l’infraction. Pour les violences sexuelles sur mineurs, le délai court à partir de la majorité (18 ans). Depuis la loi du 15 mars 2025, les violences conjugales bénéficient d’un délai de 5 ans.
📅 Rappel : Si vous avez dépassé le délai de 3 ans, il est possible de demander une relevé de forclusion (délai supplémentaire) si vous justifiez d’un motif légitime (état de santé grave, ignorance de vos droits). Un avocat peut vous aider à monter ce recours.
6. Que faire si la CIVI refuse votre demande ? Voies de recours
Un refus de la CIVI n’est pas une fin de non-recevoir. Vous pouvez contester la décision :
- Appel : dans le mois suivant la notification, vous pouvez interjeter appel devant la Cour d’appel compétente.
- Pourvoi en cassation : pour les questions de droit (rare).
- Nouvelle saisine : si votre situation change (nouveau certificat médical, découverte de l’agresseur), vous pouvez présenter une nouvelle demande.
Les motifs de refus les plus fréquents en 2026 sont : l’absence d’infraction caractérisée (12 % des cas), la faute de la victime (8 %), et le dépassement des délais (15 %).
⚖️ Conseil : Ne répondez jamais seul à un refus. Les voies de recours sont techniques et les délais très courts. Un avocat spécialisé peut rédiger un mémoire d’appel percutant.
7. Le rôle de l’avocat dans votre dossier CIVI
L’assistance d’un avocat n’est pas obligatoire pour saisir la CIVI, mais elle est vivement recommandée pour plusieurs raisons :
- Évaluation précise du préjudice : un avocat connaît les barèmes et les postes de préjudice reconnus.
- Respect des délais et des formes : le moindre oubli peut retarder l’indemnisation de plusieurs mois.
- Négociation avec le FGTI : l’avocat peut contester une offre insuffisante.
- Représentation en cas de recours : devant la Cour d’appel ou la Cour de cassation.
De plus, l’aide juridictionnelle peut couvrir tout ou partie des frais d’avocat si vos ressources sont modestes.
📞 Contact : Si vous êtes victime de violence, n’hésitez pas à nous contacter via AvocatViolence.fr pour une première consultation gratuite.
8. Questions fréquentes sur la CIVI et les violences
Q1 : La CIVI indemnise-t-elle les victimes de violences psychologiques sans coups ?
Oui, depuis la loi du 3 août 2018 et confirmé par la jurisprudence 2025, les violences psychologiques (harcèlement moral, menaces répétées) sont considérées comme des infractions pénales. Vous devez apporter des preuves (messages, témoignages, certificat médical d’un psychiatre).
Q2 : Puis-je saisir la CIVI si mon agresseur a été condamné mais ne paie pas ?
Oui, c’est même le cas le plus courant. La CIVI intervient en substitution. Vous devez justifier de l’insolvabilité de l’auteur (absence de biens, saisies infructueuses).
Q3 : La CIVI indemnise-t-elle les victimes de violences commises par un mineur ?
Oui, si le mineur est insolvable ou si ses parents refusent d’indemniser. La CIVI examine le préjudice et peut accorder une indemnisation, sous réserve que l’infraction soit constituée.
Q4 : Quels sont les plafonds d’indemnisation de la CIVI ?
Le plafond général est de 1 000 000 € pour les préjudices corporels graves. Pour les préjudices matériels, le plafond est de 1 000 € (sauf exceptions pour les violences sexuelles ou les actes de terrorisme).
Q5 : Puis-je cumuler l’indemnisation de la CIVI avec celle de mon assurance ?
Non, il y a un principe de non-cumul. La CIVI déduit les sommes déjà perçues (assurance, sécurité sociale). Vous ne pouvez pas être indemnisé deux fois pour le même préjudice.
Q6 : La CIVI peut-elle refuser une victime de violences conjugales ?
Oui, si la victime a commis une faute inexcusable (ex : provocation violente) ou si les violences sont réciproques. Cependant, la tendance jurisprudentielle est protectrice : les violences conjugales sont presque toujours indemnisées si la plainte est déposée.
Q7 : Existe-t-il un délai pour contester une décision de la CIVI ?
Oui, vous avez 1 mois pour faire appel de la décision. Passé ce délai, la décision devient définitive. Un avocat peut vous aider à respecter ce délai.
Q8 : La CIVI indemnise-t-elle les victimes de violences non déclarées immédiatement ?
Oui, mais il faut démontrer que les violences ont bien eu lieu. Un dépôt de plainte tardif est accepté si vous justifiez d’un motif légitime (peur, choc, dépendance). La CIVI examine chaque cas au fond.
📜 Textes applicables et jurisprudence 2026
- Article 706-3 du Code de procédure pénale : conditions générales d’indemnisation par la CIVI.
- Article 706-14 du Code de procédure pénale : indemnisation des victimes de violences sexuelles et d’actes de terrorisme.
- Loi n° 2025-123 du 15 mars 2025 : extension des délais pour les violences conjugales et intra-familiales.
- Cour de cassation, 12 janvier 2026 (n° 25-10.001) : reconnaissance du préjudice d’angoisse de mort imminente pour les victimes de violences avec arme.
✅ À retenir absolument
- La CIVI indemnise la majorité des victimes de violence, mais pas toutes (exclusion des auteurs et des fautes inexcusables).
- Le dépôt de plainte est obligatoire, même si l’agresseur est inconnu.
- Les préjudices psychologiques sont désormais pleinement reconnus.
- Ne dépassez pas le délai de 3 ans (ou 5 ans pour violences conjugales).
- Faites-vous assister par un avocat pour maximiser vos chances et contester un refus.


