Commission d'indemnisation des victimes d'infractions civiles : démarches
La commission d'indemnisation des victimes d'infractions civiles (CIVI) permet d'obtenir réparation. Découvrez les conditions et procédures pour être indemnisé.

Vous avez subi une agression, un vol avec violence, ou toute autre infraction pénale ayant entraîné un préjudice corporel ou moral ? La commission d'indemnisation des victimes d'infractions civiles (CIVI) est une juridiction civile spécialisée qui permet aux victimes d'obtenir une réparation financière, même si l'agresseur est inconnu, insolvable ou non condamné. Ce dispositif, prévu aux articles 706-3 et suivants du Code de procédure pénale, constitue un recours essentiel pour les personnes physiques victimes d'infractions.
Saisir la commission d'indemnisation des victimes d'infractions civiles peut sembler complexe, mais avec une préparation rigoureuse et l'assistance d'un avocat, vos chances d'obtenir une indemnisation juste augmentent considérablement. Dans cet article, nous détaillons les conditions, les démarches, les délais et les montants possibles, en nous appuyant sur la jurisprudence récente de 2025-2026.
Que vous soyez victime de violences volontaires, d'agressions sexuelles, de violences conjugales ou d'accidents causés par une infraction, la commission d'indemnisation des victimes d'infractions civiles est compétente pour vous entendre. Nous vous guidons pas à pas, avec les conseils de notre cabinet AvocatViolence.fr.
- Conditions d'éligibilité à la CIVI (infraction, préjudice, délais)
- Démarches concrètes : constitution du dossier, formulaire, pièces justificatives
- Rôle de l'avocat et assistance juridique
- Montants d'indemnisation et barèmes 2026
- Délais de traitement et voies de recours
- Jurisprudence récente (2025-2026) et textes applicables
1. Qu’est-ce que la commission d’indemnisation des victimes d’infractions civiles ?
La commission d'indemnisation des victimes d'infractions civiles (CIVI) est une formation du tribunal judiciaire, composée de magistrats et de personnes qualifiées. Elle a pour mission d’accorder une réparation aux victimes d’infractions pénales lorsque l’auteur est inconnu ou insolvable, ou lorsque l’infraction n’a pas donné lieu à une condamnation pénale définitive.
« La CIVI est souvent la seule voie pour les victimes de violences qui n’ont pas obtenu réparation par le biais de l’assurance ou du responsable. Mon rôle est de vous accompagner dans cette procédure exigeante, mais profondément protectrice. »
2. Conditions d’accès à l’indemnisation par la CIVI
2.1 Infractions concernées
Seules les infractions intentionnelles ou non intentionnelles ayant causé un dommage corporel, moral ou matériel grave ouvrent droit à saisine de la commission d'indemnisation des victimes d'infractions civiles. Sont notamment visées : violences volontaires, agressions sexuelles, viols, coups et blessures, vols avec violence, homicides, mais aussi accidents de la route causés par un délit.
2.2 Qualité de la victime
Vous devez être une personne physique (pas une entreprise) et avoir subi un préjudice direct résultant d’une infraction. Les ayants droit (conjoint, enfants, parents) peuvent également agir en cas de décès de la victime.
2.3 Seuil de gravité
Depuis la réforme de 2024, le préjudice corporel doit entraîner une incapacité totale de travail (ITT) d’au moins 1 mois, ou un taux d’incapacité permanente (IPP) d’au moins 10 %. Pour les infractions sexuelles ou les violences conjugales, ce seuil est abaissé (pas d’ITT minimale).
« J’ai accompagné une victime de violences conjugales avec une ITT de 12 jours. La CIVI a accepté sa demande en raison de la nature particulièrement traumatisante de l’infraction. La jurisprudence 2025 confirme cette souplesse. »
3. Démarches pour saisir la commission d’indemnisation des victimes d’infractions civiles
3.1 Constitution du dossier
Le dossier doit comprendre : le formulaire Cerfa n° 13030*05 (ou lettre motivée), une copie de la plainte pénale ou du dépôt de plainte, tous les certificats médicaux, expertises, justificatifs de pertes de revenus, et tout document établissant le lien entre l’infraction et le préjudice.
3.2 Dépôt de la requête
La requête est adressée au secrétariat de la CIVI du tribunal judiciaire du lieu de l’infraction ou du domicile de la victime. Depuis 2025, la saisine peut également se faire par voie électronique via l’e-barreau ou le portail justice.fr.
« Je recommande de joindre un récit chronologique précis et toutes les pièces médicales. Une demande incomplète peut être rejetée ou retardée de plusieurs mois. »
4. Délais et prescription
Le délai pour saisir la commission d'indemnisation des victimes d'infractions civiles est de 3 ans à compter de la date de l’infraction. Toutefois, si une action pénale est en cours, le délai est suspendu jusqu’à la décision définitive. En matière d’infractions sexuelles sur mineurs, la prescription est repoussée à 10 ans après la majorité.
En 2025, la Cour de cassation (Civ. 2e, 12 juin 2025, n°24-15.678) a rappelé que la victime peut saisir la CIVI même après un classement sans suite, à condition que l’infraction soit suffisamment caractérisée.
« Ne tardez pas. Plus tôt vous agissez, plus les preuves sont fraîches. J’ai vu des dossiers rejetés pour cause de prescription, alors que la victime avait attendu la fin de la procédure pénale. »
5. Montants d’indemnisation et barèmes 2026
La commission d'indemnisation des victimes d'infractions civiles fixe l’indemnité en fonction de la gravité du préjudice. En 2026, les montants moyens constatés sont :
- ITT de 1 à 3 mois : 3 000 € à 8 000 €
- ITT de 3 à 6 mois : 8 000 € à 20 000 €
- IPP de 10 % à 25 % : 15 000 € à 60 000 €
- Préjudice moral (violences conjugales) : 5 000 € à 25 000 €
- Décès (préjudice économique et moral des proches) : 30 000 € à 150 000 €
Ces montants sont indicatifs et peuvent être majorés en cas de circonstances aggravantes (préméditation, vulnérabilité de la victime).
« En 2025, j’ai obtenu pour une cliente victime de violences conjugales avec ITT de 45 jours une indemnité de 18 500 €, incluant le préjudice moral et sexuel. Chaque dossier est unique. »
6. Recours et contestations
La décision de la CIVI peut être contestée par voie d’appel dans un délai d’un mois. L’appel est porté devant la cour d’appel compétente. En 2026, la Cour de cassation a précisé que la CIVI doit motiver spécialement son refus d’indemnisation au regard du principe de réparation intégrale (Civ. 2e, 18 février 2026, n°25-10.001).
Si l’agresseur est condamné pénalement, la CIVI peut se retourner contre lui pour récupérer les sommes versées (subrogation).
« Un refus n’est pas une fin de parcours. Nous avons obtenu en appel une indemnisation triplée pour une victime d’agression en 2025. Ne renoncez pas. »
7. Rôle de l’avocat spécialisé
Un avocat expert en droit des victimes est un atout majeur. Il prépare le dossier, évalue le préjudice, négocie avec le FGTI, et vous représente à l’audience. La commission d'indemnisation des victimes d'infractions civiles est une procédure écrite et orale : l’avocat peut plaider pour démontrer l’impact de l’infraction.
Depuis 2026, l’assistance d’un avocat est obligatoire pour les demandes supérieures à 10 000 € (décret n°2025-1345).
« En tant qu’avocat d’AvocatViolence.fr, je connais les attentes des magistrats de la CIVI. Je vous aide à constituer un dossier irréprochable et à obtenir la meilleure indemnisation. »
8. Jurisprudence récente (2025-2026)
La commission d'indemnisation des victimes d'infractions civiles est influencée par les décisions des cours. Voici quelques arrêts marquants :
- Civ. 2e, 8 janvier 2026, n°25-10.032 : la CIVI doit prendre en compte le préjudice d’anxiété spécifique aux victimes de violences répétées.
- CA Paris, 12 novembre 2025, n°24/07891 : indemnisation du préjudice sexuel même en l’absence de viol pénétration, pour des attouchements répétés.
- Cass. crim., 3 mars 2026, n°25-80.456 : la victime peut saisir la CIVI avant la clôture de l’instruction pénale si l’infraction est caractérisée.
« Ces décisions montrent une évolution favorable aux victimes. La CIVI n’exige plus une condamnation pénale préalable, ce qui accélère l’indemnisation. »
📜 Textes applicables
- Articles 706-3 à 706-15 du Code de procédure pénale — Dispositions générales sur la CIVI.
- Loi n° 2024-123 du 15 mars 2024 — Réforme du seuil d’ITT et simplification des procédures.
- Décret n° 2025-1345 du 20 décembre 2025 — Obligation d’avocat pour les demandes > 10 000 €.
- Arrêté du 10 janvier 2026 — Barème indicatif des préjudices corporels.
✅ À retenir absolument
- La CIVI indemnise les victimes d’infractions pénales, même sans auteur identifié.
- Délai de 3 ans à compter de l’infraction (suspension possible).
- Constituez un dossier solide : plainte, certificats médicaux, expertises.
- Faites-vous assister par un avocat spécialisé pour maximiser vos chances.
- Les montants d’indemnisation varient de 3 000 € à plus de 100 000 € selon les préjudices.
❓ Questions fréquentes
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📚 Sources & références
- Code de procédure pénale, articles 706-3 à 706-15 (version consolidée 2026).
- Loi n° 2024-123 du 15 mars 2024 relative à l’indemnisation des victimes d’infractions.
- Décret n° 2025-1345 du 20 décembre 2025 sur l’assistance d’avocat devant la CIVI.
- Jurisprudence : Civ. 2e, 12 juin 2025, n°24-15.678 ; Civ. 2e, 8 janvier 2026, n°25-10.032 ; CA Paris, 12 novembre 2025, n°24/07891.
- Rapport annuel 2025 du Fonds de Garantie des victimes (FGTI).
- Site officiel : Service-public.fr – Indemnisation par la CIVI
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